N° 2, du dimanche 9 janvier 1854
p. 8 NOUVELLES.- Nous croyons devoir reproduire le fragment
suivant de la dernière Revue musicale, de M. Adolphe Adam,
publiée dans lAssemblée nationale : «... Dans cette soirée
de la Société de la Grande Harmonie, composée dinstruments de
M. Sax et dirigée par M. Mohr, chef de musique des guides, sest
fait entendre deux fois. Qui na pas entendu cette réunion dinstrumentistes
ne peut se faire une idée du charme, de la variété de timbres
et deffet et du brillant dexécution quoffrent ces nouveaux
instruments. Voilà bientôt dix ans que M. Sax lutte de toute sa
persévérance et de tout son génie pour doter la France de la meilleure
musique militaire que lon puisse rêver, et voilà dix ans que
la routine et le mauvais vouloir sobstinent à paralyser tous
ses efforts. Aujourdhui encore, nos musiques dinfanterie sont
dans un état dinfériorité marquée à légard de presque toutes
celles de lEurope. Une ordonnance du ministre de la guerre suffirait
pour amener un résultat tout contraire, et, avant un an, nous
pourrions offrir des modèles aux musiques autrichiennes et prussiennes,
réputées les meilleures. La musique des guides est organisée daprès
le système de M. Sax, et grâce à la fermeté du colonel Fleury,
ce régiment possède une musique modèle. On en a pu juger à la
représentation de lOpéra. La tyrolienne de M. Mohr offrait aux
artistes loccasion de déployer leur talent dexécution, et le
public accueillait la fin de chaque variation et de chaque solo
par des applaudissements prolongés. La Marche aux flambeaux,
de Meyerbeer, est une uvre capitale. On sait que ce morceau a
été composé pour une cérémonie nuptiale et traditionnelle de la
cour de Prusse. La durée et la mesure en sont obligatoires, et
il fallait une dépense de talent et dinvention considérables
pour échapper à la monotonie, dans un morceau qui ne dure pas
moins de vingt minutes, et dont le rythme doit toujours être renfermé
dans une mesure invariable de trois temps graves. M. Meyerbeer
était en fondes pour exécuter pareil tour de force, et rarement
il a été mieux inspiré. Ce morceau, écrit pour les instruments
militaires en usage à Berlin, a été réinstrumenté pour les instruments
de M. Sax, et doit avoir acquis une nouvelle valeur à cette combinaison.
Ce qui distingue surtout les instruments de M. Sax, cest leur
parfaite justesse et leur facilité de nuancer. Non-seulement on
peut en obtenir les sons le plus brillants, mais ils se prêtent
aussi aux nuances les plus douces et les plus fortes et les plus
moelleuses, sans perdre jamais de leur rondeur et de leur timbre
particulier. Ainsi, les saxophones dans la Marche aux flambeaux,
produisent des effets dune nouveauté de sonorité incomparable
: ce sont les violoncelles des instruments à vent. Avec cette
suavité et cette douceur des saxophones, contrastent la puissance
et léclat des saxhorns, et leur son nest jamais un bruit, cest
toujours une note sonore, pleine et accentuée. Lexpérience de
leur intensité et de la facilité de propagation de sonorité a,
du reste, été faite, il y a dix-huit mois, à la fête des aigles
au Champ-de-Mars, où étaient réunis quinze cent musiciens militaires
; quatorze instruments de M. Sax suffisaient pour dominer cette
énorme masse dinstrumentistes. Espérons que lignorance et la
mauvaise foi ne triompheront pas toujours, et que M. Sax pourra
enfin, en accomplissant ses projets de réforme, donner à la France
une musique militaire digne dune nation à qui la suprématie est
déjà assurée dans les autres arts ».
N° 3, du 15 janvier 1854
p.22 : NOUVELLES.- M. WUILLE obtient dans les concerts
à New York un succès denthousiasme sur le saxophone alto en Mib.
N° 4, du 25 janvier 1854
pp. 26-27 : RƒORGANISATION DES MUSIQUES RƒGIMENTAIRES EN France,
PAR A. PERRIN.- Nous venons tard pour dire ce que nous pensons
du petit écrit publié par M. A. PERRIN, dans lintérêt et pour
lamélioration de notre musique militaire. Cest que, nous lavouerons,
nous ne nous trouvons pas dans une position commode, qui nous
permette dexprimer un avis net et tranché. Si, dune part, nous
sommes pleinement daccord avec lauteur et les hommes distingués
quil représente, dans le désir de faciliter le progrès, de lencourager,
de le hâter par tous les moyens possibles ; de lautre, nous différons
avec lui sur le fait quil prend pour base et pour principe, à
savoir : la décadence actuelle et continue de nos musiques régimentaires,
ainsi que leur infériorité presque générale à toutes les autres
musiques de lEurope. De plus, nous ignorons complètement si le
remède quil propose à ce prétendu mal, et qui nous semble bon
au point de vue de lart, est admissible et praticable au point
de vue militaire. Nous lénoncerons donc seulement, sans ladopter
ni le rejeter, laissant à dautres plus compétents que nous le
soin de prononcer en connaissance de cause.
Dabord sur létat actuel de notre musique, nous en appelons
au témoignage de deux autorités que M. A. PERRIN ne récusera pas,
puisquil la transcrit lui-même à la fin de la brochure. Tout
en appréciant ses idées, MM. Adolphe ADAM et SAX lui déclarent
quils sont frappés du progrès au lieu dapercevoir la décadence.
Le premier dit, en propres termes : « Membre de la Commission
de 1845, je ne puis quapprouver vos convictions qui étaient les
nôtres, puisque les mesures que vous conseillez sont celles-là
mêmes que nous avons proposées. Loin de partager votre opinion
sur la décadence de la musique militaire, je crois au contraire
que ses progrès, depuis quelques années, sont dus à quelques unes
des mesures que la Commission avaient proposées. » Et le second
sexprime ainsi : « Quand à linfériorité de nos musiques, je
ne partage pas votre opinion sur ce point. Nos musiques de cavalerie,
réorganisées daprès le nouveau système, me paraissent les meilleures
dEurope, et dans nos musiques dinfanterie il y en a pareillement
dexcellentes. »
Ceci posé, voyons néanmoins ce quon réclame au nom de lart,
dont on ne saurait contester limportance dans nos armées. Les
musiciens militaires, exclus de tout avancement, de toute participation
aux avantages, qui se traduisent pour les soldats en élévation
de grades, de traitements et de pensions, sont condamnés à une
immobilité non moins dommageable pour leur talent que pour leur
bourse. Parvenus au rang de solistes, ils ne peuvent prétendre
à rien au-delà : ils ont lhonneur de porter le sabre, lagrément
de se décorer du pompon tricolore et de galons dor ou dargent.
Ils reçoivent une haute paie, qui varie de 5 à 90 fr. par mois,
et puis, cest tout, ne pouvant jamais obtenir rien de plus. Ils
ont leur bâton de maréchal, qui se trouve nêtre quun simple
bâton blanc, lorsque fatigués par lâge, souvent labourés par
les balles et les boulets, qui ne respectent pas plus les musiciens
que les autres, ils sont contraints de rentrer péniblement dans
leurs foyers.
De là il résulte que les musiciens ne vieillissent pas sous les
drapeaux, et quils sen vont dès quils peuvent. De là aussi
doit naître limmense difficulté détablir quelque discipline
entre des hommes qui sont tous égaux. La discipline suppose une
hiérarchie, et point de hiérarchie parmi les musiciens. Que faudrait-il
donc faire ? Cest M. A. PERRIN qui parle : « Régulariser la position
des soldats musiciens en donnant aux artistes délite, et par
assimilation, un grade et une autorité qui leur permissent denseigner
utilement ». Il faudrait quaprès quelques années de services
et détudes, un musicien pût devenir légal dun caporal, dun
sergent. Il faudrait quà la tête de chaque corps de musique fussent
placés un sous-chef ayant rang de sergent-major, et un chef ayant
rang dadjudant. Nous le voulons bien, si les chefs de larmée
y consentent, et si, à côté davantages plus que probables, ils
ny trouvent des obstacles que nous ne soupçonnons pas ; nous
sommes rapporteurs et non juges.
Là finit notre tâche. Après avoir parlé du fond, nous najouterons
quun mot sur la forme, et nous dirons que la brochure de M. A.
PERRIN se recommande autant par la clarté que par lélégance.
Nous le remercions de nous lavoir fait lire, et nous conseillons
à tous ceux qui voudront séclairer sans ennui sur la situation
sociale des musiciens militaires, de faire comme nous.
Signé : P.S.
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N°4, du 22 janvier 1854
p. 32 : NOUVELLES.- Nous disions dans notre dernier numéro
que M. WUILLE obtenait à New York des succès denthousiasme en jouant
le saxophone. Voici à ce propos ce quon lit dans le Times,
journal de cette ville : « On a joué pour la première fois dun
nouvel instrument, nouveau surtout pour un auditoire de New York.
On lappelle le saxophone. Nous devons son invention à M. Adolphe
Sax, de Paris, qui a fait faire aux instruments à vent les plus
grands progrès et a rendu les anciens parfaits. Le saxophone est
un instrument en cuivre ; mais à la différence dautres que nous
croyons, semblable à celle dune clarinette. Les sons que M. Wuille
a tirés du saxophone étaient dun beau sonore et doux ; ils sont
beaucoup plus pleins que ceux du basson, mais dun caractère magnifique
et sympathique. Cest une bonne et heureuse acquisition pour les
orchestres, surtout quand on en jouera aussi parfaitement que M.
Wuille, qui sait enthousiasmer son auditoire ».
N° 8, du dimanche 22 février 1854
pp. 58-60 : CONCERTS - Concours de musiques militaires- : (...).
Il y a beaucoup de proverbes faux, entre autres celui-ci : Qui
nentend quune cloche nentend quun son, car le son dune
cloche est complexe et produit simultanément plusieurs intonations,
plusieurs accords mineurs ou majeurs. Cest en vertu de ce proverbe
cependant que létat-major de la garde nationale a voulu entendre
plusieurs harmonies, a mis en antagonisme la musique de la garde
nationale et les instruments de cuivre fabriqués par M. Sax, qui,
disait-on, offriraient la possibilité de faire des économies.
La lutte a eu lieu dans la cour du Palais-Royal, lundi passé [16
février], et rien na manqué à ce combat artistique : officiers
supérieurs et section musicale de lInstitut sur les balcons ;
jolies femmes sur les terrasses, venues là pour chercher des commotions
nerveuses au moyen dune harmonie cuivrée, et renforcée de grosses
caisses et pas mal de tambours ; applaudissements et chuts des
romain-auditeurs des deux partis, mais qui nous ont paru,
pour être juste, plus nombreux parmi la guerrière bourgeoisie.
Tout cela semblait assimiler les murs du Palais-Royal à ceux de
lantique Jéricho, ou à ce palais idéal dans lequel se rendra
lhumanité tout entière pour y subir le jugement dernier, proclamé
aux sons de sept trompettes retentissantes.
« Sans employer de figures bibliques, M. Sax dit :
« Le maréchal SOULT, ministre de la guerre en 1845, nomma à cette
époque une commission chargée de la réorganisation de la musique
militaire. Sax désigné pour faire partie de cette commission,
se récusa. Le résultat du concours qui eut lieu au Champ-de-Mars
fut complètement favorable à ce facteur progressif pour les deux
musiques dinfanterie et de cavalerie.
« Aujourdhui, pour la garde nationale, cette question est de
nouveau soulevée ; seulement, on met en lutte la musique dinfanterie
et celle de cavalerie, ce qui est peu rationnel.
« On prétend, et en cela on ne dit pas la vérité, que Sax veut
faire supprimer les instruments de bois dans les musiques dinfanterie.
Au lieu de cela, cétaient les deux systèmes, proposés par lui
en 1845 que lon a mis en présence. Bien loin de vouloir supprimer
les bois, Sax vient simplement proposer aujourdhui de
nouvelles modifications, une association de timbres nouveaux enfin,
mais qui nexclut pas le moins du monde, dans linfanterie, les
instruments en bois ».
« Voici la nouvelle organisation : [30 instruments, avec 2 flûtes,
8 clarinettes, 2 hautbois, 2 « bassons militaires » 6 saxophones
(2 sopranos en Sib, 2 altos en Mib, 2 basses en Mib) et 10 cuivres,
« réunion dinstruments où se trouve toute léchelle des différents
timbres, un orchestre complet de fanfares, et le fond de la musique
militaire, cest-à-dire ce que sont les instruments à cordes pour
lorchestre de symphonie » Plus : 16 saxhorns et 4 percussions].
« Sax demande : « Que serait lorchestre symphonique sil ny
avait pas une famille dinstruments comme celle des violons pour
constituer le fond de cet ensemble ? » Eh bien, pour représenter
cette famille dans la musique militaire, le facteur artiste et
consciencieux propose en instrument de cuivre la seule famille
des saxhorns, instruments qui ont le plus de puissance de son.
Si la première condition de toute musique militaire est dêtre
vigoureuse, belliqueuse, entraînante, si, pour éviter la monotonie,
elle doit se distinguer par une grande variété de timbres, pour
plaire même dans une salle de concerts, vous trouverez dans le
système dorganisation ce-dessus énoncé tout ce qui dans les orchestres
symphoniques moins les violons, et en plus, pour les musiques
militaires, les grandes clarinettes en nombre intelligent et suffisant,
une petite clarinette de plus que dans le vieux système, et les
familles de saxophones et de saxhorns.
« Pour en finir, nous adressons cet argument péremptoire à M.
Sax : Pourquoi na-t-il pas opposé à ses adversaires un orchestre
formé des éléments que nous venons de mettre sous les yeux du
lecteur ? Pourquoi donc a-t-il souffert que sa fanfare, qui représente
un régiment, ait lutté contre un corps darmée ?... Peut-être
parce quil savait davance que le statu quo serait maintenu.
Signé Henri BLANCHARD.
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N° 11, du 12 mars 1854
p. 89 : NOUVELLES.- Hier samedi, S. A. R. le prince
de Saxe-Cobourg, accompagné du général Roguet, du marquis de Belmont
et de plusieurs autres personnages français et étrangers, a honoré
de sa visite les ateliers de Ad. Sax. S.A.R. paraissait ravie
de lexécution des nouveaux instruments du célèbre facteur et
en particulier des saxophones. Le prince de Saxe-Cobourg est un
excellent musicien ; il est lauteur de compositions remarquables,
il a donc pu juger en véritable connaisseur. A plusieurs reprises
il a témoigné toute sa satisfaction à M. Ad. Sax. Lorchestre,
sous la conduite de M. Arban, a exécuté la Marche aux flambeaux
et Berlioz, sur la demande des artistes, a bien voulu diriger
louverture du Carnaval romain. A cette audition, qui na
pas duré moins de deux heures, assistaient encore des hommes de
lettres et des artistes éminents, Meyerbeer, Kastner, Vivier,
etc. etc.
N° 17, du 23 avril 1854
p. 133 : THEATRE IMPERIAL DE LOPERA-COMIQUE. Concert spirituel
donné par lAssociation des artistes musiciens : Voici la seconde
année que lAssociation des artistes musiciens solennise la
soirée du samedi saint par un concert spirituel donné à lOpéra-Comique.
(...). Il y aurait encore beaucoup déloges à distribuer pour
la partie vocale et religieuse du programme, mais il ne nous
en resterait plus pour des artistes qui ont vaillamment payé
de leur personne dans la partie instrumentale et profane, et
nous trouvons quil est bien temps de nous en occuper.
« Commençons parle charmant duo de Léon Magnier pour deux flûtes,
exécuté par Dorus et Bruno (...). La Marche aux flambeaux
de Meyerbeer est un autre prodige, exécuté prodigieusement aussi
par tout lorchestre de Sax, sous la direction de Mohr. Quelle
charmante et infinie succession de mélodies pleines de noblesse,
de rythmes ingénieux, qui ne laissent pas languir lintérêt,
qui le réveillent à chaque minute jusquà ce quon arrive à
la plus majestueuse et la plus grandiose péroraison ! Lenthousiasme
général a tout accueilli, le morceau, les artistes, et les cris
de bis ont éclaté. Mais lheure était trop avancée, et il y
avait encore trop de chose à entendre : la Tyrolienne,
de Mohr, véritable tournoi de solistes, où chacun triomphe tour
à tour, et où néanmoins personne nest vaincu. (...).
-p. 137 : NOUVELLES.- Le magnifique succès du Juif Errant à Bruxelles
a été constaté par la presse entière. Voici à ce propos, lappréciation
faite par lIndépendant belge des nouveaux instruments
dAdolphe Sax (Saxo-tubas), que la direction du théâtre avait
fait demander pour compléter lexécution musicale du chef-duvre
: « Quiconque aime les contrastes trouvera dans laudition du
troisième acte du Juif errant le sujet dune complète
satisfaction. A peine la vaporeuse musique de la danse des abeilles
a-t-elle cessé, que les instruments commencent à mugir. M. Sax
était seul capable de créer toute une famille dinstruments
de cuivre plus puissants, plus stridents, plus bruyants que
ce que lon avait entendu jusqualors. (...).
N° 19, du 7 mai 1854
p. 154 : NOUVELLES.- M. Adolphe Sax vient dêtre nommé
facteur de la maison militaire de S.M. lEmpereur.
N° 21, du 21 mai 1854
p. 167/68 : DESCRIPTION DE QUELQUES INSTRUMENTS DE MUSIQUE
- Conservés à bibliothèque de la Ville de Strasbourg (1er article)
: (...) Outre les avantages nombreux et incontestables mentionnés
par M. Edouard Fétis, le musée musical aurait celui de permettre
aux facteurs dinstruments dêtre toujours au courant de ce qui
a été fait avant eux et de leur éviter le désagrément dinventer
de nouveau, comme cela arrive parfois, un instrument déjà connu
avant eux. Il permettrait encore de sauver dun injuste oubli
et de rajeunir des instrument qui, nés dans des conditions défavorables,
nont pas su captiver la faveur capricieuse du public. Enfin,
lorsque des facteurs sont venus naguère attaquer la validité des
brevets de M. Adolphe Sax, sous prétexte que le saxophone
nest que la reproduction du batiphone, instrument que
bien peu de personnes ont eu loccasion de voir, lexistence du
musée aurait permis à chacun daller sassurer par lui-même que
le saxophone est bien réellement une création nouvelle qui suffirait
seule pour assurer à M. Sax des droits éternels de reconnaissance
des compositeurs.
N° 25, du 18 juin 1854
p. 1999/200 : AUDITIONS MUSICALES - M. Sax- : (...) Il a été
donné ces jours-ci deux matinées musicales dans la salle Sax,
séances qui ont mis M. Mohr et ses musiciens des guides à même
de prouver lexcellence des instruments de lhabile facteur.
Louverture de Zampa, deux fantaisie sur lEtoile
du Nord, la Bénédictions des Poignards, des Huguenots, la Marche
aux flambeaux de Meyerbeer, et un air varié pour tous les
instruments de cuivre et autres, ont fait admirer et applaudir
le bon arrangement de cette musique dramatique par M. Mohr et
lensemble de ses exécutants.
Henri BLANCHARD.
N° 26, du 25 juin 1854
pp.207-209 : ORGANISATION DESMUSIQUES DES CHASSEURS A PIED.
« On se rappelle les important travaux de la commission nommée
par le maréchal Soult pour la réorganisation des musiques militaires
(...).
« Alors vint la révolution de 1848. En qualité de révolution
éminemment progressive, elle eut pour premier soin de mettre
à néant limmense travail de la commission, ce fruit lentement
mûri de tant de travaux, de tant de lumières, de tant de zèle
et de persévérance. Dun trait de plume, un ex-membre du gouvernement
provisoire, devenu ministre de la guerre, vint porter un coup
mortel à la nouvelle et florissante industrie ; une ordonnance
ministérielle du 21 mars 1848 vint « restituer à plusieurs
instruments désignés à tort sous le nom du fabricant
qui les avait confectionnés, la dénomination générique
quils nauraient jamais dû perdre ». Et plus loin, « le ministre
de la guerre, tout en conservant lorganisation actuelle de
ces musiques, qui a été reconnue satisfaisante, décide
que les noms donnés à certains instruments seront remplacés
par leur véritable dénomination. ». (...).
L.
N° 27, du 2 juillet 1854
p.218 : NOUVELLES.- Un arrêt de la Cour impériale de Rouen vient
de terminer tous les procès intentés à Adolphe Sax, en donnant gain
de cause au célèbre inventeur sur toutes les questions.
N°29, du 16 juillet 1854
p.231 : AUDITION DES INSTRUMENTS SAX. La guerre, cette maîtresse
capricieuse des Français, met à la mode lharmonie cuivrée de
Sax : et du nord au midi la trompette guerrière est écoutée
avec plaisir, surtout venant des saxhorns, saxophones et saxotrombas,
et tous les synonymes de lindividualité nominale du célèbre
facteur. Une nouvelle audition de cette bruyante, brillante
et harmonieuse famille dinstruments a eu lieu mercredi dernier
[14 juillet] en présence de généraux, colonels et autres officiers
supérieurs ; et lhomogénéité des sons et lensemble des exécutants,
et les nuances, et lénergie foudroyante des forte, et
la suavité des piano, tout cela a été compris, apprécié,
applaudi par lauditoire, enthousiasmé de la perfection des
instruments et de celles des exécutants. Il faut le dire aussi,
la traduction des meilleurs morceaux de nos meilleurs opéras
par M. Mohr fait le plus grand honneur à cet habile chef. Louverture
de Zampa et tous les morceaux si bien choisis et si bien
encadrés dans ce tableau musicale et dramatique redonnent une
nouvelle vie au chef-duvre dHérold. Cette sonorité stridente
nous peint bien lorgie, la joie et les chants tumultueux du
chur des pirates ; et dans la Bénédiction des poignards,
grande scène, drame instrumental emprunté à la partition des
Huguenots (...). Puis est venue la Marche aux flambeaux,
ce tournoi musical du moyen-âge. (...).
« Un autre tournoi instrumental, un assaut de soli a terminé
cette séance. La clarinette, le piston, lophicléide, le cor,
la trompette et jusquaux petites flûtes ont exécuté de charmantes
variations (...)
Henri BLANCHARD.
N° 39, du 24 septembre 1854
p.313 : EXTRAIT DU MONITEUR DE LARMƒE, SUR LORGANISATION
DES MUSIQUES DE LA GARDE IMPƒRIALE. (à voir pour la composition
du personnel de la Musique des régiments de la Garde impériale
Paris, le 16 août 1854, signé de NAPOLEON à Biarritz, le 16
août 1854.
(...) Nous croyons devoir rappeler que la généreuse pensée
de relever la condition des musiciens de régiment, et de leur
faire occuper dans létat militaire à peu près la même place
que leurs confrères dans lordre civil, appartient à M. Adolphe
Sax, à qui lon doit dailleurs presque toutes les amélioration
introduites dans les musiques régimentaires.
N° 40, du 1er octobre 1854
p.321 : NOUVELLES.- M. Adolphe Sax nous prie de rectifier,
ou plutôt de compléter ce que nous avons dit au sujet
de lamélioration de la position des musiciens de
larmée. Cest bien lui qui, le premier, dans
son mémoire de 1844, a soulevé cette importante
question ; mais depuis lors, une foule de personnes distinguées
sy sont appliquées et en ont provoqué la solution.
Dabord la commission instituée par M. le maréchal
Soult pour la réorganisation des orchestres régimentaires,
qui avait été composée des hommes les plus
éminents, et qui était présidée par
M. le général de Rumigny ; ensuite M. G. Kastner,
ancien secrétaire de la commission dans son excellent Manuel
de musique militaire ; plus tard, M. Perrin, dans une brochure
fort intéressante, et enfin MM. Les colonels Fleury et
Trochu, et, en dernier lieu, M. le général Mélinet,
chargé dorganiser la musique de la garde, ont tous
et chacun contribué, par leurs travaux et leurs conseils,
à éclairer cette intéressante question et
à provoquer le triomphe de lidée primitivement
conçue par M. Sax. Espérons que la nouvelle organisation
adoptée pour les musiciens de la garde, dont elle favorise
si heureusement lessor et relève la condition, sera
prochainement appliquée à toutes les musiques de
larmée.
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