REVUE ET GAZETTE MUSICALE de Paris 1845

  No 3 of  Sunday  January  19,  1845

p.22:  NEWS. -  It is known that Mr. Adolphe SAX’s inventions and improvements have obtained immense success in England. London instrument makers have bought the majority of his new instruments, which they have taken apart to copy and counterfeit them. The DISTIN family, which gave up the old instruments, to use Mr. Adolphe SAX’s instruments exclusively, was already called to the castle of Windsor three times to play [these instruments] there. The duke of CAMBRIDGE also adopted these instruments for the music of his regiment (military band). Other conductors have expressed the desire to follow this example. Lastly, His Royal Highness Prince Albert declared himself a patron of this skillful and clever instrument maker.

No 3 du Dimanche 19 janvier 1845

p.22 : NOUVELLES.- On sait que les inventions et les perfectionnements dus à M. Adolphe SAX ont obtenu d’immenses succès en Angleterre. Des facteurs de Londres ont acheté la plupart de ses nouveaux instruments, qu’ils ont démontés pour les copier et les contrefaire. La famille DISTIN, qui a renoncé aux anciens instruments, pour se servir exclusivement de ceux de M. Adolphe SAX, a déjà été appelée trois fois au château de Zindsor pour s’y faire entendre. Le duc de CAMBRIDGE a aussi adopté ces instruments pour la musique de son régiment. D’autres chefs ont manifesté le désir de suivre cet exemple. Enfin, S.A.R. le prince Albert s’est déclaré le patron de l’habile et ingénieux facteur.

No 5 of February 2, 1845

p.47:  NEWS. -  The Marshal, President of the Council, Minister of War, wanted to know for himself the military musical instruments that have come out of the workshops of Mr. SAX. He thus summoned this instrument maker last Sunday from his hotel, and there, in the presence of Misters Marshal SÉBASTIANI, General de RUMIGNY, and several other senior officers, Mr. SAX gave a sample of the beautiful results obtained by him. The minister was so satisfied that he ordered a commission be named to reform the instruments of the army.

No 5 du 2 février 1845

p.47 : NOUVELLES.- Le maréchal, président du Conseil, ministre de la guerre, a voulu connaître par lui-même les instruments de musique militaire sortis des ateliers de M. SAX. Il a donc mandé ce facteur dímanche dernier de son hôtel, et là, en présence de MM. Le maréchal SÉBASTIANI, le général de RUMIGNY et plusieurs autres officiers supérieurs, M. SAX a donné un échantillon des beaux résultats obtenus par lui. Le ministre a été tellement satisfait qu’il a ordonné qu’une commission fût nommée pour s’occuper d’une réforme dans les instruments de l’armée.

No 9, March 2, 1845

p.67:  CONCERTS - Mr. Adolphe SAX- (...) And since we have reached brass instruments, we must announce those manufactured by Mr. Adolphe SAX, that, in a meeting of artists at this skillful instrument maker’s shop, we have heard these instruments resound, sing, and echo in all their power and sweet sonority. In a little more time, all the military music of the French regiments will recruit SAX’s instruments.

No 9 du 2 mars 1845

p.67 : CONCERTS - M. Adolphe SAX- (...) Et puisque nous en sommes aux instruments de cuivre, nous devons signaler ceux fabriqués par M. Adolphe SAX, que, dans une réunion d’artistes chez cet habile facteur, nous avons entendu résonner, chanter, retentir dans toute leur puissance et suave sonorité. Encore quelque temps et toutes les musiques militaires des régiments de France se recruteront des instruments SAX.

No 9, March 2, 1845

 p.70:  NEWS. -  Mr. SAX having performed during these last days several musical pieces with the new brass instruments of his invention, in front of the Minister of War, and the latter having brought back to the king keen satisfaction that this concert had brought him, His Majesty wished to hear them in his turn; consequently, Mr. SAX was summoned Sunday to the castle with his orchestra, and he played there three pieces in the presence of the king and of all the royal family: instruments and instrumentalists obtained an equal success. Mr. SAX, by the desire of the king, has also played several of his other instruments. After having lengthily discussed with Mr. SAX  his manufacturing processes and to have testified to him all the pleasure which he had had in hearing it, the king also complimented Mr. FESSY,  director of the orchestra, and Misters ARBAN and KRESSER, the  principal performers. The royal family appeared to share the satisfaction of His Majesty, and her Highness Mrs. Adélaïde, as well as Monseigneur the Duke of NEMOURS expressed themselves, while addressing Mr. SAX, in the most flattering manner. The Marshal & Minister of War having arrived just at the moment when the king was leaving the concert hall, His Majesty left expressing his desire to have the Marshal hear one of the pieces previously carried out, which was immediately performed. The ten instruments were composed of two cylinder trumpets, and the remainder: eight sax-horns, constituting the entire sax-horn family, namely:  a soprano, two contralto tenors, two tenors, a bass tenor, a bass and a contrabass. 

No 9 du 2 mars 1845

p, 70 : NOUVELLES.- M. SAX ayant fait exécuter ces jours derniers plusieurs morceaux avec les nouveaux instruments de cuivre de son invention devant M. le ministre de la guerre, et ce dernier ayant rapporté au roi la vive satisfaction que lui avait causé ce concert, S.M. a désiré les entendre à son tour ; en conséquence, M. SAX a été mandé dimanche au château avec son orchestre, et il y a fait jouer trois morceaux en présence du roi et de toute la famille royale : instruments et instrumentistes ont obtenu un égal succès. M. SAX a également, sur le désir du roi, joué de plusieurs autres de ses instruments. Après s’être longuement entretenu avec M. SAX de ses procédés de fabrication et lui avoir témoigné tout le plaisir qu’il avait eu à l’entendre, le roi a aussi complimenté M. FESSY, directeur de l’orchestre, et MM. ARBAN et KRESSER, les principaux exécutants. La famille royale a paru partager la satisfaction de S.M., et son Altesse madame Adélaïde, ainsi que Monseigneur le duc de NEMOURS s’en sont exprimés en s’adressant à M. SAX, de la manière la plus flatteuse. Le maréchal ministre de la guerre étant arrivé au moment où le roi sortait de la salle de concert, S.M. est rentrée, en manifestant le désir que l’on fit entendre au maréchal l’un des morceaux précédemment exécutés, ce qui fut fait immédiatement. Les instruments au nombre de dix se composaient de deux trompettes à cylindres, et pour le reste, de huit sax-horns, constituant la famille de ce genre, savoir : un soprano, deux ténor-contralto, deux ténor, un basse-ténor, un basse et un contrebasse.

No 11 of March 16, 1845

p.87:  NEWS. -  The company Adolphe SAX & Co, 10  Neuve-St-Georges St., was given first prize by the jury of the Industry Exposition, for their perfected trumpets and cylinder trumpets in different keys, as well as the family of the perfected bugles called Sax-horns; and finally for an instrument intended to replace the clavichord.  Success was not less for the woodwind instruments, than for the brass. SAX & Co.’s perfected clarinets and bass clarinets were also given first place. His flute with a new key system that results in a superior sound purity, his contrabass clarinet and a new instrument named the Saxophone, both of his invention, obtained unanimous votes by the jury because of the accuracy and beauty of their timbre; these instruments were recognized worthy to be allowed in the orchestra, and likely to produce there the newest and most brilliant effects.

No 11 du 16 mars 1845

p.87 : NOUVELLES.- La maison Adolphe SAX & Cie, rue Neuve-St-Georges, 10, a été placée par le jury de l’Exposition de l’industrie en première ligne, pour les trompettes et trompettes à cylindres perfectionnée de diffèrents tons, ainsi que pour la famille des bugles perfectionnés nommés Sax-horn ; enfin pour un instrument destiné à remplacer le clavicor. Le succès n’a pas été moindre pour les instruments à vent en bois, que pour ceux en cuivre. Ses clarinettes ordinaires et clarinettes basses perfectionnées ont aussi été placées en première ligne. Sa flûte d’un nouveau système ayant pour résultat une pureté de son supérieur, sa clarinette contre-basse et un nouvel instrument nommé Saxophone, tous deux de son invention, ont obtenu les suffrages unanimes du jury par la justesse et la beauté de leur timbre ; ces instruments ont été reconnus dignes d’être admis dans l’orchestre, et susceptibles d’y produire les effets les plus neufs et les plus brillants.

  No 14, of April 6, 1845

p. 112:  NEWS. -  A very interesting paper on the reorganization of military music is circulating at this moment in the musical world. Mr. Adolphe SAX, who is the author, treats the issue with superiority of sight, which in other times one would have been described as ingenious. We will return later on this curious paper, whose logic takes on a new force, when one hears Mr. Adolphe SAX’s admirable instruments.

No 14, du 6 avril 1845

p. 112 : NOUVELLES.- Un mémoire des plus intéressants sur la réorganisation de la musique militaire circule en ce moment dans le monde musical. M. Adolphe SAX, qui en est l’auteur, traite de la question avec une supériorité de vues, qu’en d’autres temps on eût qualifiée de génie. Nous reviendrons plus tard sur ce curieux mémoire, dont la logique acquiert une force nouvelle, quand on entend les admirables instruments de M. Adolphe SAX.

No 21 of May 25, 1845

p. 174:  NEWS. -  His Majesty Heir Apparent Prince of Saxony-Weimar very recently visited the establishment of Mr. Adolphe SAX, the skillful instrument maker, and attended, with great testimonial satisfaction, a performance of his new instruments.  The same performance had attracted a brilliant assembly of people, in which one noticed men of great stature, such as Misters SPONTINI, BERLIOZ, HALEVY, ADAM, GUDIN, KASTNER, Maurice BOURGES, Leon KREUTZER, etc. The success of Mr. SAX’s instruments is no less in England than in France. Their pure and soft timbre produces a multitude of flattering applause for Mr. DISTIN and his four sons, who besides, know how to get the best results from his instruments. Her Majesty the Queen of England, during her visit to the Duke of BUCKINGHAM, asked again to hear the instruments of Mr. Ad. SAX and the DISTIN family, who plays them with superiority. The Sax-Horn highly impressed Her Majesty and all the court.

No 21 du 25 mai 1845

p. 174 : NOUVELLES.- S.A. le prince héréditaire de Saxe-Zeimar a visité tout récemment l’établissement de M. Adolphe SAX, l’habile , facteur, et a assisté, avec de grands témoignages de satisfaction, à une audition de ses nouveaux instruments. Le même motif avait attiré une réunion brillante, dans laquelle on remarquait des hommes haut placés, tels que MM. SPONTINI, BERLIOZ, HALEVY, ADAM, GUDIN, KASTNER, Maurice BOURGES, Léon KREUTZER, etc. Le succès des instruments de M. SAX n’est pas moins grand en Angleterre qu’en France. Leur timbre pur et doux procure à M. DISTIN et à ses quatre fils, qui d’ailleurs savent en tirer un excellent parti, des applaudissements aussi flatteurs que multipliés. S.M. la reine de Grande-Bretagne, durant sa visite chez le duc de BUCKINGHAM, a redemandé à entendre les instruments de M. Ad. SAX et la famille DISTIN, qui en joue supérieurement. Le Sax-Horn a vivement impressionné Sa Majesté et toute la cour.

No 24, June 15, 1845

p. 198:  NEWS. -  Mr. Adolphe SAX continues, as Theophilus GAUTIER said, to disturb the Neuve-St-Georges Street by the harmonious hurricane of his brass instruments. Every Sunday, he gives concerts performed by a small orchestra of fourteen instrumentalists. The audience is composed of notable people from all vocations, including political, literary, artistic and scientific.

No 24, du 15 juin 1845

p. 198 : NOUVELLES.- M. Adolphe SAX continue, comme dit Théophile GAUTIER, à troubler la rue Neuve-St-Georges par l’ouragan harmonieux de ses cuivres. Tous les dimanches, il donne des concerts exécutés par un petit orchestre de quatorze instrumentistes. L’auditoire se compose de notabilités de tous les genres, politique, littéraire, artistique et scientifique.

No 27, July 6, 1845

p. 221/22:  Musical [Bulletin] - Mr. Sax-:  (...) Mr. Adolphe SAX, who continues to give brass music performances in his workshops, on Neuve-Saint-Georges street, sees his room invaded every Sunday by a crowd of fans of this music. His cylinder bugles are melodious without losing any character, sound intensity, or brilliancy which is desired in military music. This characterization is now a question to be judged among the experts of this kind of instrument. The musicians are not less distinguished in their abilities than the skillful instrument maker. Last Sunday various pieces of the score of Charles VI, extremely well arranged by Mr. FESSY, and in particular the national song of this opera: Jamais en France l’Anglais ne règnera produced the greatest effect, and elicited unanimous applause which was addressed to the conscientious instrument maker, to the arranger and to the performers.

No 27, du 6 juillet 1845

p. 221/22 : SILVES MUSICALES -M. Sax- : (...) M. Adolphe SAX, qui continue à donner des séances de musique cuivrée dans ses ateliers, rue Neuve-Saint-Georges, voit son local envahi tous les dimanches par une foule d’amateurs de cette musique. Ses bugles cylindrés sont mélodieux sans rien perdre du caractère, de l’intensité du son, de l’éclat voulu dans la musique militaire. C’est maintenant une question jugée parmi les connaisseurs de ce genre d’instruments. Les interprètes ne se distinguent pas moins que l’habile facteur. Dimanche passé divers morceaux de la partition de Charles VI, fort bien arrangés par M. FESSY, et notamment le chant national de cet opéra : Jamais en France l’Anglais ne règnera, ont produit le plus grand effet, et provoqué d’unanimes applaudissements qui s’adressaient au consciencieux facteur, à l’arrangeur et aux exécutants.

No 28, of July 13, 1845

p. 231/32:  NEWS. -  It is henceforth Friday, with his beautiful instruments played by skillful artists. This change was made for the entirety of the season. Already, last Friday, the brass music had attracted a lively and numerous audience.

No 28, du 13 juillet 1845

p. 231/32 : NOUVELLES.- C’est dorénavant le vendredi, à ses beaux instruments joués par des artistes habiles. Cette mesure est prise pour toute la belle saison. Déjà, vendredi dernier, la musique de cuivre avait attiré un brillant et nombreux public.

  No 33 of August 17, 1845

p. 272:  NEWS. -  By ministerial decision, the instruments of Mr. Adolphe SAX have just been adopted for the music of the army.

No 33 du 17 août 1845

p. 272 : NOUVELLES.- Par décision ministérielle, les instruments de M. Adolphe SAX viennent d’être adoptés par les musique de l’armée.

No 37 of September 14, 1845

p. 303:  NEWS. -  A happy event almost never arrives singly: the very same day that the Moniteur de l’Armée reported the ordinance of the new organization of military music and the adoption of his instruments, Mr. SAX met a secretary from the Dutch delegation on Richelieu street, who gave SAX the royal warrant of knight of the Couronne de Chêne, on behalf of Holland’s king, GUILLAUME II. Mr. SAX was in the habit of lunching with Misters ROTHSCHILD who had consulted him in various matters; it was indeed a pretty Christmas gift which announced to Mr. SAX a complete reversal of fortune.

No 37 du 14 septembre 1845

p. 303 : NOUVELLES.- Un bonheur n’arrive presque jamais seul : le jour même où paraissait dans le Moniteur de l’Armée l’ordonnance qui consacre la nouvelle organisation des musiques militaires et l’adoption de ses instruments, M. SAX rencontre, rue de Richelieu un secrétaire de la légation néerlandaise, qui lui remet le brevet de chevalier de l’ordre de la Couronne de Chêne, de la part du roi de Hollande, GUILLAUME II. M. SAX sortait de déjeuner avec MM. ROTHSCHILD qui lui avait fait présent de quelques actions ; c’était déjà une jolie étrenne qui annonçait à M. SAX un revirement de fortune aussi complet que possible.

 

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No. 48, November 30, 1845

p. 392:  MUSICAL BRIEFS - (...) “the glare of publicity and fame, which go hand in hand, no longer need to proclaim the worth of Mr. SAX’s trumpets and other brass instruments, because they continue their course of boisterous and brilliant exploits. From time to time their inventor gives, in his workshops, on Neuve-Saint-Georges street, performances in which the sax-horn family is displayed with all its improvements. One of the days of last week, these excellent instruments, with Mr. ARBAN as soloist and Mr. FESSY as director, performed various pieces of music, among which we recognized a part of the fourth act of Huguenots arranged in a very dramatic and most beautiful way. If the basses could accompany more quietly, and, generally, if the performers put a little more character in their playing, the celebrated trumpet would impose silence on that criticism. However that may be, the success of Mr. SAX and his performers is assured from now on; and, however little one might have the taste of good harmony in the new world, the skillful instrument maker can hope, and must even make, the call to the last judgment. Such is our take on the excellent instruments of Mr. SAX. Signed: Henri Blanchard.

No 48 du 30 novembre 1845

p. 392 : COUP-d’ŒIL MUSICAL.- (...) «Les trompettes de la ; publicité et de la renommée, ce que est tout un, n’ont presque plus besoin de proclamer le mérite des trompettes et des autres instruments de cuivre confectionnés par M. SAX, car ils poursuivent le cours de leurs bruyants et brillants exploits. De temps en temps leur inventeur donne dans ses ateliers, rue Neuve-Saint-Georges, des séances dans lesquelles la famille des saxhorns se produit avec tous ses avantages. Un des jours de la semaine passée, ces excellents instruments, M. ARBAN en tête et dirigés par M. FESSY, ont exécuté différents morceaux de musique parmi lesquels nous avons distingué une partie du quatrième acte des Huguenots, arrangés d’une manière toute dramatique et les plus bel effet. Si les basses pouvaient accompagner plus piano, et que, généralement, les exécutants missent un peu plus de nuances dans leur jeu, la trompette de la renommée imposerait silence à celle de la critique. Quoi qu’il en soit, le succès de M. SAX et de ses interprètes est assuré désormais ; et, pour peu qu’on ait le goût de la bonne harmonie dans l’autre monde, l’habile facteur peut espérer, et doit même faire, l’appel au jugement dernier. Tel est le nôtre sur les excellents instruments de M. SAX. Signé : Henri BLANCHARD.

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No. 48, November 30, 1845

p. 395:  NEWS. -  An association of musical artists has formed in Paris, under the name of Grande Société d’Harmonie. The orchestra, composed of 80 musicians is directed by Mr. MOHR, clarinetist of the Royal Academy of Music. The first performance took place Wednesday.

No 48 du 30 novembre 1845

p. 395 : NOUVELLES.- Une association d’artistes musiciens se forme à Paris, sous le nom de Grande Société d’Harmonie. L’orchestre, composé de 80 musiciens est dirigé par M. MOHR, clarinette de l’Académie royale de musique. La première répétition a lieu mercredi.

 

No 50, of December 14, 1845

pp.409-410:  MUSICAL PERFORMING. At Mr. Sax’s. “It has been a few weeks since we printed, in this same gazette, a detailed article, perhaps too detailed for the impatient reader, on the new system of Mr. SAX’s wind instruments. Though often necessary, but always tedious, today we will leave the technical details behind; by no means will we deal with all the arguments that Mr. SAX’s work raised, nor all the fights which took place. Also the commission named by The Minister of War, and, as a last resort, The Minister himself solved the question in an absolute and sovereign way, by giving a complete approval to Mr. SAX’s discoveries. Thus, whether looking high or low, there are still some minds, guided either by interest or by pride, who refuse their loyal assistance to Mr. SAX, and we can fear this, but not to worry; because according to the strict order of the last Minister of War, of which the good outlook with regard to Mr. Sax are continued by his successor, Mr. de SAINT-YON, a man so eminently enlightened, the music of all our regiments will be completely reorganized within three years despite any obstacles, and in a position to support an advantageous struggle with the best music of the Belgian and German regiments.

“Today we want to speak to you about an impromptu meeting which took place at Mr. SAX’s. We will not ask you to Mr. Herz’s hall. Nor to the more aristocratic salons of Mr. Erard do we call you. On the contrary, it is to a rather small room, decorated with some rare benches, and of which, the walls are covered in a rather doubtful paint, that Mr. Sax has invited a small group, but friendly toward everything connected to the progress of musical art.

“If the room was modest, the company was select. We counted many decorations, as many red, blue, or mixed ribbons that one could find in the salon of a minister. Renowned composers (Mr. BERLIOZ however was absent), officers of high rank in the army, well-versed amateurs, luminaries: there was a little of each group at this small meeting. It was initially Lieutenant-General de RUMIGNY, to whom musical art is truly indebted for the grace given in the untiring protection that the Lt.-General has granted for so long to Mr. Sax’s work, whose talent he recognized early on. It is known that Mr. de RUMIGNY was the president of the commission named by the minister; it is also known that against intentions and slanderous writings this commission fought while it worked actively in the interests of art. Mr. de Rumigny is courageous in quietly awaiting the battery of artillery fire, that would seem to us perfectly natural; but to tolerate so many rumors, to be opposite a pack of furious trumpets, howling ophicléides, dispossessed trombones; to see all these brass monsters, menacing mouths threatening and turned against you, here is of larger merit to us; this courage, certainly, for a soldier, is very much worthy of his opponents. Beside Mr. de Rumigny, we see Mr. MEYERBEER. Undoubtedly, in his thought, magnificent harmonies start to wake, powerful phrases which he wants to entrust to these formidable voices that he will control however to his liking. We also distinguish Mr. KASTNER, the learned reporter of the commission, joining together the science which illuminates with the important opinions. Mr. de Vatry, with whom the committee of the royal theatres had the good forethought to associate; Mr. Édouard Monnais, royal police chief, and so many others still, whose renown is taken for granted.

“When everyone was joined together, the musicians, fifteen in all, began to play. The program was composed of six pieces, all arranged by Mr. Fessy for Mr. SAX’s instruments; and some of which belonged to him alone. Mr. Fessy showed a true talent for composition, excluding however the first of these pieces, which rests on a musical triteness. Mr. Fessy brings together his thorough knowledge of the resources and tuning of brass instruments, with a great technical facility and the prescience of the musical effects he produces. With a little more liveliness in the melody, its pretty pieces would be irreproachable. We cannot say enough as to what satisfactory degree the performance execution was, nor adequately express the pleasure of the audience, who were encouraging the musicians with unanimous cheers, and thus rewarding their efforts. We are mistaken, by employing this last word efforts; unless it is regarded as a synonym of passion and zeal, and which does not imply the hardship and fatigue sometimes experienced by the musicians. An immense merit of Mr. SAX’s instruments is that they are extremely manageable and easy to play; they do not resemble these gigantic tubes of wood and brass from the olden days, which, in some passages caused even the most robust man to become out of breath. These poor men, whose features contracted awfully, whose cheeks swelled like a wineskin, whose face progressively passed through all shades of color: pale red, bright red, blue and finally black, and who thus resembled hanged men going through their final convulsions, these honest artists, filling their obliged role conscientiously, in a symphony or a musical drama.

“One of the pieces which made the greatest impression is the one composed on the melodies of the witty author of Diable à Quatre: Adolphe Adam. This piece is almost entirely written in a soft and supported style. We would not be able to adequately express how incomparable these velvety brass voices sounded now, so resounding in previous pieces. This resembles the music which one hears in dreams, or the smooth chords of the breeze playing among the new leaves or rippling the clear mirror of the sheltered and solitary lake with its light breath.

“In the piece which followed, we heard the entire fourth act of The Huguenots with its warlike accents, its intoxicating phrases of two lovers, forgetting, in the contemplation of themselves, the massacre which bellows around them; the fourth act of The Huguenots, with its terrors, its wild cries, its mournful rumblings. The very imposing harmonies and of a very singular tonality of the blessing of the daggers, thus interpreted an extraordinary effect. As for the small chromatic flares, entrusted in the score to the small flutes and clarinets, it was the small high-pitched saxhorns which, made of brass, filled this difficult task perfectly.

“We could address praises to all of Mr. Sax’s musicians. However, we particularly noticed Mr. Arban, who admirably played the Bb saxhorn part and who sings on his instrument with the purest style and the greatest reliability. We would be remiss in not mentioning Mr. Guerin, Mr. Dubois and Mr. Lecomte, who all three filled a principal role. We heard Mr. Bull speak, who is certainly a well-qualified judge to address striking praises to these young artists.

“The performance finished with a piece on motives by Auber and a waltz by Mr. Fessy. In this waltz there is an extremely rapid diatonic passage, which is initially played by the highest-pitched instruments; the basses and the harmonic contrabasses [saxhorns], without concern about overpowering their high-pitched companions who have just launched into the middle of sixteenth notes, leaving their patriarchal pace suddenly and are galloping and leaping as well as them, and, in truth, the string instruments would eventually become exhausted to follow them. By chance (that this insane idea is passed to us), would the violin, after having been the hare of the orchestra, become the tortoise today?

“As the performance was finishing, we saw Mr. Spontini arriving. He was coming from the Institute where his work had been prolonged later than usual. Nevertheless, he wanted to make his presence known. Whenever there is a meeting in the interest of art or on the improvement of the deplorable situation that artists have fallen into, one is sure to meet the illustrious composer. A half-hour later, he was with us at the committee of the association of musical artists, a philanthropic institution which wants the good and carries it out, which, only recently, granted a pension of 300 francs to a young artist full of talent and hardships, and who, finally, in spite of the deafening opposition that certain minds inflict upon him, with hatred due to his accomplishments, continues nobly forward with its goal of devotion and charity.” Signed: Leon Kreutzer.

No 50, du 14 décembre 1845

pp.409-410 : SÉANCE MUSICALE. Chez M. SAX. “Il y a quelques semaines que nous avons donné, dans cette même gazette, un article développé, trop développé peut-être pour l’impatience du lecteur, sur le nouveau système d’instruments à vent, dont M. SAX est l’inventeur. Aujourd’hui nous laisserons là les détails techniques, souvent nécessaires, mais toujours ennuyeux, et nous ne nous occuperons nullement de toutes les disputes que les travaux de M. SAX ont soulevées, et de toutes les luttes qui ont eu lieu. Aussi bien la commission nommée par M. le ministre de la guerre, et, en dernier ressort, M. le ministre lui-même a tranché la question d’une façon absolue et souveraine, en donnant une complète approbation aux découvertes de M. SAX. Ainsi donc, qu’en haut ou en bas, il se trouve encore quelques esprits, guidés, soit par l’intérêt, soit par l’orgueil, qui refusent leur concours loyal à M. SAX, nous pourrons le craindre, mais non pas nous en effrayer ; car d’après l’ordre formel du dernier ministre de la guerre, dont les bonnes dispositions à l’égard de M. Sax sont continuées par son successeur, M. de SAINT-YON, homme si éminemment éclairé, les musiques de tous nos régiments seront d’ici trois ans et maigré toutes entraves, complètement réorganisées, et en état de soutenir une lutte avantageuse avec les meilleures musiques des régiments belges et allemands.

“Aujourd’hui c’est d’une séance improvisée qui a eu lieu chez M. SAX, que nous voulons vous parler. Nous ne vous conduirons pas pour cela dans la salle de M. Herz. Ce ne sont pas non plus les salons plus aristocratiques de M. Erard qui nous appellent. C’est au contraire dans une salle assez petite, ornée de banquettes un peu trop rares, et dont, pour toute tenture, les murs sont recouverts d’un badigeon assez douteux, que M. Sax avait convié un public peu nombreux, mais ami de tout ce qui peut intéresser les progrès de l’art musical.

“Si le local est modeste, la compagnie était choisie. Nous y avons compté autant de décorations, autant de rubans rouges, bleus ou panachés qu’on en pourrait trouver dans le salon d’un ministre. Compositeurs renomm´s (M. BERLIOZ cependant nous manquait), officiers occupant une haute position dans l’armée, amateurs intelligents, éclairés, il y avait un peu de tout dans cette petite réunion. C’était d’abord M. le lieutenant-général de RUMIGNY, aqui l’art musical doit véritablement des actions de grâce pour la protection infatigable qu’il accorde depuis longues années aux travaux de M. Sax, dont, un des premiers, il a pressenti le talent. On sait que M. de RUMIGNY était président de la commission nommée par le ministre ; on sait aussi aquels propos et quels écrits calomnieux cette commission a été en butte pendant qu’elle travaillait activement aux intérêts de l’art. M. de Rumigny a le courage d’attendre tranquillement le feu d’une batterie de canons, cela nous semblerait parfaitement naturel ; mais supporter tant de clameurs, se trouver en face d’une meute de trompettes furieuses, d’ophicléides mugissantes, des trombones dépossédés ; voir tous ces monstres de cuivre, la gueule menaçante et tournée contre vous, voici qui nous parait un mérite plus grand ; ce courage-là, certes, pour un soldat, vaut bien l’autre. À côté de M. de Rumigny, nous voyons M. MEYERBEER. Sans doute que, dans sa pensée, commence à s’éveiller les magnifiques accords, les phrases puissantes qu’il veut confier à ces voix formidables qu’il gouvernera cependant à son gré. Nous distinguons encore M. KASTNER, le savant rapporteur de la commission, réunissant la science qui éclaire au goût qui dirige. M. de Vatry, que le comité des théâtres royaux a eu la bonne idée de s’attacher ; M. Édouard Monnais, commissaire royal, et tant d’autres encore, dont le nom n’a plus besoin d’éloge.

“Quand tout le monde s’est trouvé réuni, les musiciens, au nombre de quinze, se sont mis à l’œuvre. Le programme se composiat de six morceaux, tous arrangés pour les instruments de M. Sax par M. Fessy ; et dont quelques uns lui appartenaient en propre. M. Fessy a fait preuve d’un véritable talent de compositeur, en exceptant toutefois le premier de ces morceaux, qui repose sur une banalité musicale. À une connaissance approfondie des ressources et du diapason des instruments de cuivre, M. Fessy joint une grande pratique et la prescience des effets. Avec un peu plus d’élévation dans la mélodie, ses jolis morceaux seraient irréprochables. Nous ne pouvons dire à quel point l’exécution a été satisfaisante, ni exprimer le plaisir des auditeurs, qui encourageaient les musiciens par des bravos unanimes, et récompensaient ainsi leurs efforts. Nous nous trompons, en employant ce dernier mot ; au moins doit-il être considéré comme le synonyme d’ardeur et de zèle, mais non comme signifiant la peine et la fatique causée aux exécutants. Un immense mérite des instruments de M. SAX, c’est qu’ils sont extrêmement doux et faciles à jouer ; ils ne ressemblent pas à ces gigantesques tubes de bois et de cuivre de l’ancien temps qui, en quelques mesures épuisaient de souffle la poitrine de l’homme le plus robuste. Pauvres gens, dont les traits se contractaient horriblement, dont les joues s’enflaient comme une outre dont le visage passait progressivement par toutes les nuances, le rouge pâle, le rouge vif, le bleu et enfin le noir, et qui ainsi ressemblaient plutôt ˆ des pendus dans leur dernière convulsion, qu’à d’honnêtes artistes, remplissant consciencieusement leur rôle obligé, dans une symphonie ou un drame musical.

“Un des morceaux qui ont produit le plus d’effet, est celui composé sur des mélodies du spirituel auteur du Diable à Quatre, Adolphe Adam. Ce morceau est presque entièrement écrit dans un style doux et soutenu. On ne saurait donner une idée du velouté incomparable de toutes ces voix de cuivre tout à l’heure si retentissantes ; cela ressemble à la musique que l’on entend dans les rêves, à ces accords suaves que fait la brise se jouant parmi les feuilles nouvelles ou ridant de son souffle léger le clair miroir du lac abrité et solitaire.

“Dans le morceau qui a suivi, nous avons passé en revue tout le quatrième acte des Huguenots, avec ces accents guerriers, ces phrases enivrantes des deux amants, oubliant, dans la contemplation d’eux-mêmes, le massacre qui mugit autour d’eux, le quatrième acte des Huguenots, avec ses terreurs, ses cris féroces, ses roulements funèbres. Les accords si grandioses et d’une tonalité si étrange de la bénédiction des poignards produisaient, interprétés ainsi, un effet extraordinaire. Quant aux petites fusées chromatiques, confiées dans la partition, aux petites flûtes et aux petites clarinettes, c’étaient les petits saxhorns aigus qui, tout de cuivre qui sont, remplissaient parfaitement cette tâche difficile.

“Nous pourrions adresser des éloges à tous les musiciens de M. Sax. Cependant nous avons particulièrement remarqué M. Arban, qui a joué admirablement la partie de saxhorn en Sib et qui chante sur son instrument avec le style le plus pur et la sûreté la plus grande. Nous ne pouvons aussi nous empêcher de mentionner M. Guérin, M. Dubois et M. Lecomte, qui tous trois remplissaient un rôle principal. Nous avons entendu M. Bull, qui est certes un juge bien compétent adresser de vifs éloges à ces jeunes artistes.

“La séance a fini par un morceau sur des motifs d’Auber et une valse de M. Fessy. Il y a dans cette valse un passage diatonique d’une rapidité extrême, que proposent d’abord les instruments les plus aigus ; les basses et les contrebasses d’harmonie, sans s’inquiéter de la légèreté de leurs compagnons indisciplinés qui viennent de se lancer au milieu des doubles croches, quittent tout à coup leur allure de patriarche et se mettent à galoper et à bondir aussi bien qu’eux, et, en vérité, des instruments à cordes s’épuiseraient à les poursuivre. Est-ce que, par hasard (qu’on nous passe cette idée folle), le violon, après avoir été le lièvre de l’orchestre, deviendrait aujourd’hui la tortue?

“Comme la séance allait finir, nous avons vu arriver M. Spontini. Il venait de l’Institut oû les travaux s’étaient prolongés plus tard que de coutume. Néanmoins il a voulu faire acte de présence. Toutes les fois qu’une réunion quelconque a pour but l’intérêt de l’art ou l’amélioration de la déplorable situation où sont tombés les artistes, on est sûr de rencontrer l’illustre compositeur. Une demi-heure après, il était avec nous au comité de l’association des artistes musiciens, philanthropique institution qui veut le bien et le réalise, qui, dernièrement encore, a accordé une pension de 300 francs à un jeune artiste plein de talent et de misères, et qui, enfin, malgré l’opposition sourde que certains esprits lui font, en haine du bien qu’on lui voit accomplir, marche noblement à son but de dévouement et de charité.” Signé : Léon KREUTZER.

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Translation by Jason Adams, Indiana State University

 

 

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